Mise à jour : 30 avril 2003

Discographie Beethoven
Sonate opus 111



A

Angelich, ø Concert Paris, Théâtre du Chatelet, 13 mars 2000 - [Document vidéo - Réalisation Karl More (+ 12e)]

Arrau [1], ø [mono] Londres, Studio 3, Abbey Road, 21 mai 1957 - Emi (Concertos et Sonates n° 14, 18, 21, 22, 23, 26, 28, 31 et 32) [Columbia CX 1610 - LP]
7/4-6 Rép. n° 41

« On retrouve certains partis pris étranges comme cette manière d'attaquer la Waldstein sotto voce ou de jouer l'Arietta de l'opus 111 au limite du statisme. » (Jacques Bonnaure, Répertoire n° 41, novembre 1991, p. 23)

Arrau [2], ø Concert 1963 - Aura 113-2 (ex. Ermitage + version par Backhaus et Badura-Skoda)
8/7 Rép. n° 88 : un article très précis.

Arrau [3], ø Amsterdam, Salle Concertgebouw, 23-28 octobre 1965 - Philips 462 358-2 [6747 001 (Intégrale) / 6701 007 (+ Sonates n° 8, 14, 21, 23) - LP]
Durées : I. 9'12 - II. 19'37 = 28'49

Arrau [4], ø Paris, 1970 - Document vidéo réalisé par Denise Billon et conservé par l'Ina 
Durées : I. 8'55 - II. 18'30 = 28'25

Ce document a été diffusé dans le numéro 8 de « Classic Archive » sur la chaîne Mezzo ou la Cinquième et couplé à l'Appassionata par Solomon. La caméra de Denise Billon, très sobre, nous place très près d'Arrau et se concentre sur les mains, ce qui nous permet de voir d'où vient ce toucher rapidement reconnaissable. Magnifiques moments dans les trilles de l'Arietta.

Arrau [5], ø juin 1985 - Philips 420 154-2
Durées : I . 9'07 - II. 19'51
9 Rép. n° 2

«Claudio Arrau enregistre pour la troisième fois son opus 111 ; à 85 ans [82 exactement, Arrau est né en 1903] , le poète nous livre à nouveau sa vision de 'la' sonate : clé de voûte de toute l'oeuvre beethovenienne. Contrairement à trop de pianistes qui se sont laissés halluciner par les déploiements de cette oeuvres dans des univers quasi-mystiques, Arrau affirme, maîtrise et y impose  un moule implacable. La compacité de son toucher, la sérennité de sa pulsation rythmique à la limite de l'extrème lenteur, renouvelle la perception que l'on peut avoir de la fameuse Ariette, décrite si souvent - et à juste titre -  comme la dissolution d'un corps simple : la cadence parfaite qui en est le thème, dans les variations infinie. Leçon de rigueur, leçon de retenue, intelligence tout court, Arrau s'impose, tout simplement.» (Olivier Bernager, Répertoire n° 2)

Voyez la discographie complète du pianiste.

Ashkenazy [1], ø [mono] 1957 (+ Sonate n° 21) - Berlin Classics 
6/4 Rép. n° 76 / 5Y Diap. n° 412 

Ashkenazy [2], ø 1977 (Intégrale) - Decca [591 220 - LP]
Pour l'intégrale : 8/6 Rép. n° 20 et 85 / 5Y Diap. n° 271, 421 et Diap. d'or n° 431 pour les Sonates 28 à 32 (Caractère)

Ashkenazy [3], ø 1991- Decca
9/8 Rép. n° 53

B

Backhaus [1], ø 1937 - Dante 

«Celui qui va frapper un vrai coup face à l'esthétique Schnabel, c'est Wilhelm Backhaus en 1937. N'imaginez pas que vous entendrez ici un vieux sage. Backhaus (né en 1884) a pratiquement le même âge que Schnabel (né en 1882), mais il joue l'Opus 111 comme un chien fou. Chez lui aussi le premier mouvement est tumultueux, mais parfaitement tenu, d'une logique imperturbable, d'une maîtrise hallucinante. Aussi étonnant que cela puisse paraître, Backhaus préfigure le grand coup de poing d'Yves Nat. Mais le premier mouvement est 'parfait', le pari esthétique du second est très osé. Loin du calme olympien de Schnabel, sûr de la quête de la sérénité, Backhaus bouscule la tranquillité de l'énoncé dès les premières notes. Tout le mouvement est bâti sur une quête de la lumière, mais tendue, arquée, impatiente (en 12'56, à comparer aux 17'40 de Schnabel, 19'40 d'Arrau et... 26'54 du gagman Ugorski). Le pianiste bouscule les certitudes. C'est osé, fou. Mais on remarquera à quel point , à ce tempo la variation 3 ('jazz') s'intègre naturellement au reste et amène dans le flot musical le basculement d'ambiance qui mène à la quatrième variation. Une version de complément fascinante.» (C. Huss, Répertoire n° 135, mai 2000)

Backhaus [2], ø Concert New York, Carnegie-Hall, 1954 Decca / Philips « Grands pianistes XXe siècle »

«Le concert de 1954, capté par Decca [...] se situe parfaitement entre les cires "coup de poing" de 1937 et l'enregistrement studio de 1961. » (C. Huss, Répertoire n° 135, mai 2000)

Backhaus [3], ø [mono] Concert 1960 - Aura / Ermitage (+ Arrau en 1963 et Badura-Skoda en 1987)
8/7 Rép. n° 88

« D'entre les lives de 1964 chez As Disc handicapé par de nombreuses fausses notes, et celui de 1960 (Ermitage), c'est ce dernier qui s'impose, même si une certaine confusion n'est pas exempte non plus de ce récital animé d'un esprit de défi, puis d'une certaine fantaisie dans l'Arietta, dansante, qui se fera de plus en plus grave et même douloureuse.» (C. Huss, Répertoire n° 135 p. 31 - mai 2000)

Backhaus [4], ø 1961 - Decca
Durées : I. 8'11 - II. 13'00

«Les ultimes feux des grands anciens nous vaudront une très belle version réalisée dans le cadre de l'intégrale Backhaus-Decca ? En 1961, le pianiste n'a pas renié sa version de 1937 ; son engagement solide, son autorité va à l'essentiel. Beethoven est là dans toute sa grandeur. Mais dans un caractère proche, Nat [1954] nous semble aller plus loin, plus soucieux des détails. Backhaus suit son inspiration comme si rien ne devait l'embarrasser, ou plutôt laisse la partition le guider. L'Arietta se veut toujours légère, même dans la gravité, et choisit la joie pour répondre à sa vitalité. Original et remarquable.»  (C. Huss, Répertoire n° 136, juin 2000)

Backhaus [5], ø Concert 1964 - As Disc

Backhaus [6], ø Concert juin 1966 - Orfeo 4 011790 530123

Un article en allemand de Matthias Kornemann.

Badura-Skoda [1], ø Concert 1961

Badura-Skoda [2], ø 1980 - Astrée [AS 49 - LP]
Instrument : piano-forte Conrad Graf, Vienne c. 1824

« Je retrouve intactes les qualités de ferveur, de simplcité et d'intelligence [des précédentes sonates]. Tout au plus, ai-je senti une certaine nervosité, voire brusquerie (variations de la 32e Sonate) qui me gêne un peu bien qu'elles soient potentiellement prétésente dans l'écriture. » (Alain Lomplech, Diapason n° 255 - novembre 1980)

Badura-Skoda [3], ø Concert 1987 -

Barenboïm [1], ø 1966 - Emi (intégrale) 

Barenboïm [2], ø 1983 - DG
7 Rép. n° 2  et 8 pour l'intégrale Rép. n° 130 p. 29

« Ce qui frappe [...] c'est la beauté de la sonorité, sa clarté, son évidence, sans pathos, parfaitement servies par l'enregistrement. [...] Barenboïm prend le temps de respirer pour arriver à la sublime Ariette finale de l'opus 111, dans une murmure dont la retenue éloquente fait penser à celui qui reste un des plus grands dans ce répertoire : Kempff.» (Yves Bourgade, Répertoire n° 50)

 «Le second enregistrement, [au contraire du son du piano de l'enregistrement EMI de la première intégrale de Barenboïm] (DG, 1983) est exceptionnel de concentration, de suspense. Un véritable cérémonial se déroule, titanesque, parfaitement structuré. Le répit avant la coda de I est sublime, la fin du mouvement en lévitation enchaîne sur une Arietta qui ressemble à une prière, sorte de Bach relu par Bruckner, où chaque note est une conquête.  Tout ce que loupe Ugorski tient ici (en 20'27, Barenboïm est l'un des plus lents dans II), car le pianiste habite la lenteur avec des accents douloureux (la 3e variation est totalement déjazzée), pour une vision abyssale, qui gagne haut la main une confrontation directe avec un piniste de la tempe de Kempff. Grosse surprise !» (C. Huss, Répertoire n° 136, juin 2000)

Bingham, John, ø 1999 (+ Variations Eroïca et Fantaisie op. 77) - Meridian

Binns, ø 1977 - Oiseau-Lyre [LP]

Premier enregistrement disponible sur pianoforte.

Brendel [1], ø 1957 - Vox
9/6 Rép. 71

« Conséquente, aérée, avec des rythmes et silences clairs et nets, le premier mouvement suit la trajectoire avec une assurance juvénile [Brendel à 26 ans] et sans la moindre hésitation. L'Arietta s'enchaîne avec la même détermination légère, comme si l'intelligence de Brendel s'effaçait dernière la clarté lumineuse de la partition. Refus d'éclat, intensité progressive, plénitude de la sonorité : cette interprétation garde une unité exceptionnelle et nous révèle un Brendel surprenant. » (C. Huss, Répertoire n° 136, juin 2000)

Brendel [2], ø septembre 1970 - Philips ("Duo" Sonates 27 à 32) 
Durées : I . 9'01 - II. 17'19
8/8 Rép. n° 61

«Dès 1971, Alfred Brendel change d'optique par rapport à 1957 : il y a plus de recherche dans cette lecture attentive à souligner les contrastes du premier mouvement, qu'étouffe quelque peu une sonorité trop lourde. Cette recherche paradoxalement la banalise. L'Arietta évolue dans une atmosphère mystérieuse, un peu brumeuse, et semble désabusé. Suivent des protestations bien beethovenienne, une sagesse revenue et des émerveillements. L'engagement, alors, s'intériorise et se pasionne. Cette nouvelle voie est approfondie dans le petit chef-d'oeuvre de 1995... [lire le paragraphe Brendel, 1995]» (C. Huss, Répertoire n° 136, juin 2000)

Brendel [3], ø 1995 - Philips 
9/9 Rép. 95 / Diap. d'or n° 430

« La sonorité plus grasse n'est pas seulement liée à l'enregistrement. Chaque note chante, habité. Assurée, calmement, l'Arietta prend son rythme et l'impose, l'appuie. La subtilité de la pédale iradie les notes hautes, les basses, les trilles... Jeux de lumières et d'ombres, échocs et reflets, évolution admirable de l'engagement, cette interprétation vraiment fascinante est l'aboutissement d'une recherche.»  (C. Huss, Répertoire n° 136, juin 2000)

« [L'Opus 111] commence avec une sérénité à laquelle Alfred Brendel ne nous avait pas habitué dans cette oeuvre, comme s'il souhaitait prouver que les conflits intérieurs du premier mouvement n'avaient pas besoin d'être accentués pour se résoudre d'eux-mêmes. Ce n'est qu'au moment du miracle de l'Arietta et des variations, qui se gonflent de son et d'émotion de façon parfaitement exponentielle jusqu'aux fameux trilles conclusifs, que l'on saisit que ce disque est le produit de toute une vie aux côté des sonates de Beethoven. » (Etienne Moreau, Diapason n° 430, octobre 1996, p. 92) 

Buchbinder, ø 1981 (+ Sonates n° 30 & 31) - Teldec

C

Chemin, Mureil ø 2000 (+ 21, 22, 23, 30 et 31e sonates) - Solstice
Recommandé Rép. 143 / 5Y Diap. n° 478 / 4* Monde n° 252 / 3 Classica n° 30

Chodak, Walter ø 1981 (+ Eroica opus 35) - Circé CIR 821 [LP]
durée : 25'05
2Y Diap. n° 277

« Trop de défauts émaillent la sonate, même si les efforts, l'ardeur, la bonne volonté y sont évidents : des tenues d'octaves incompréhensibles dans le Mestoso, la sécheresse avec laquelle est amené le deuxième thème de l'Allegro, à d'autres moments, au contraire, des excès de rallentendo. Les première variations de l'Arietta sont aussi régulières que plates, tandis que vers la fin, en raison d'un tempo incontrôlé, la pulsation rythmique est quasiement gommée ; sans parler du manque de finition technique dans certains passages, du fouillis et même parfois, des fausses notes... » (André Lischke, Diapason n° 277 - novembre 1982)

Chung, ø 1994 -

Ciani, ø Concert ? -  
Durées : 7'26 - II. 15'41

Ciccolini [1], ø 1989  (+ 28 à 31) - Nuova Era 
7/8 Rép. n° 19 / 3d Compact n° 48

« Pas facile à critiquer ce coffret ! Car il s'agit d'oeuvres déjà solidement défendues et d'un grand pianiste qui a signé maints enregistrements exemplaires. Or ici... le moins qu'on puisse dire est que Ciccolini «dérange»... La conception est tellement loin de ce qu'on attend - et de Beethoven et de lui-même - que l'on se pince pour savoir si l'on rêve... [...]
Quant à la Sonate n° 32, on nous la présente comme une oeuvre totalement abstraite, un peu comme la chaconne de la partita pour violon seul de Bach... Et cela semble bien être la leçon majeur que tente de nous faire partager Ciccolini : le dernier Beethoven est un artiste qui s'éloigne de la terre pour accéder à l'esprit des choses, une sorte d'idée platonicienne. C'est une vision, ici ardemment défendue. On peut fort bien être d'un autre avis.» (Jean Gallois, Compact n° 48 décembre 1989 p. 32)

 «On notera la richesse des coloris, un cantabile splendide, mais aussi une petite tendance à l'enlisement dans les développements. On aimerait que l'avancée soit plus naturelle, plus inéluctable.» (C. Huss, Répertoire n° 136, juin 2000)

Ciccolini [2], ø 1999 -

Coop, ø ? - ?

D

Del Pueyo, Eduardo, ø c. 1980 (intégrale) - Pavane 7071/84 [LP]
3Y Diap. n° 271

Demus, ø Concert 1989 -

Dikov, ø ? - ?

E

El Bacha, ø 1993 -

Eschenbach, ø c. 1979 - Emi [C 153-03 628/9 - LP]
2Y Diap. n°247

« Chaleureux et humain, ce ne sont pas les premiers adjectifs qui vienne à l'esprit lorsquon écoute [Christoph Eschenbach...]. Avec Eschenbach c'est aussi du très beau piano, plus percutant que chez Bischop Kovacevich [1973]. Il y a plus de hauteur dans la manière dont il aborde ces pages du dernier Beethoven, des tempos qui surprennent parfois, très rapides [...] ou très lents [...], des attaques parfois sèches et agressives et un aidu qui çà et là confine à la dureté. L'art d'Eschenbach semble changer aujourd'hui. Fini le souci d'une certaine élégance manifesté autrefois. La manière devient plus grandiose, avec plus de hauteur, des écarts de dynamique marqués, le sens des contrastes et des oppositions [...]. » (Alain Fantapié, Diapason n° 247 - février 1980)

F

Feltsman, ø 1992  (Sonates 30 à 32) - Music-Master 
6/8 Rép. n° 58 / 5Y Diap. n° 397

«Sa conception de ces oeuvres terribles repose sur une vision la plus analytique et la plus articulée possible des textes, assise sur une technique puissante et sur une sonorité limpide qui seule permettent cette lecture par transparence des partitions. Cette approche quelque peu richtérienne fait merveille dans les passages à l'écriture complexe (Prestissimo de l'op. 109, fugues de l'op. 110, Maestoso de l'op. 111), dont l'architecture s'allège pour n'en devenir que plus évidente. Dans les moments moins chargés (certaines Variations de l'op. 109, Arrietta de l'op. 111), des tempos judicieusement choisis et parfaitement tenus font qu'à aucun moment Feltsman ne tombe dans le piège de la surxeposition de détail ou du statime narcissique.» (Etienne Moreau, Diapason n° 397, octobre 1993, p. 116)

 «Contrairement à ce qu'on a pu connaître de Vladimir Feltsman dans Bach, son Beethoven (chez Music-Master) est plutôt un classique, très 'digitalisé' (clarté de l'indépendance des mains alla Södergren). Il y a tout de même la patte d'un très bon pianiste, car les doigt ouvent des mondes sonores. C'est un peu comme Pollini (plus humain que Södergren), plus vivant car plus fluide sur le continum musical. Feltsman confie que 'cette musique n'a pas besoin d'être interprétée, mais d'être réalisée' et qu'il 'cherche avant tout à éclairer la structure'. C'est un parti pris, plus qu'un prétexte pour palier un manque d'imagination. Il n'y a strictement rien à reprocher et, en touts cas, c'est superbement enregistré.» (C. Huss, Répertoire n° 136, juin 2000)

Fiorentino, ø ? -

Fischer, A. [1] ø 1953 - Hungaroton HCD 31494

Fischer, A. [2], ø 1961 - EMI "Introuvables d'Annie Fischer" 569217-2 / "Annie Fischer - a portrait" CZS 5 68733-2
Durée : I 8'53 - II 16'46

Fischer, A. [3], ø 1977 - Hungaroton HCD 41003 / HCD 31628

Fischer, A. [4], ø Concert 1977 - ?

Fischer, E. [1], ø ? - Dante

Fischer, E. [2], ø Concert Salzbourg juillet 1954 - Hunt 514 / Music & Arts  (+ Sonates 7 ø Concert Hambourg 1948, 8, 14 ø live Paris 1949, 15 ø live Salzbourg 1954, 21 ø live Salzbourg 1954, 30 ø live Turin 1950 et  32 ø live Salzbourg 1954, Fantaisie opus 77)
7/3 Rép. n° 85 / Diap. d'or n° 323 & 422

Fijal, ø 1996 - ?

Frank, ø 1971 - Music & Arts CD 4640 (intégrale) [RCA/Victrola Victrola VICS 9000 - LP]

G

Gardon, ø c. 2000 ? (+ Sonates n° 30 & 31) - BNL 112911
Rép. n° 149 p. 89

Gelber, ø 1989 - ?

Gieseking [1], ø 17 avril 1947 (+ Sonates n° 1-3,6,8-19,21 et 23 à 31) - Tahra [Discocorp IGI-272 - LP] [Origine Hessischer Rundfunk Franckfort]

Gieseking [2], ø Concert 23 novembre 1949 - Tahra 394-400 / Music & Arts CD-743 [Origine : Saarländischer Rundfunk, Saarbrücke]

Goode, ø 1992 - Nonesuch

Gould, [1] ø Concert radio 8 août 1955 - CBC (radio)

Gould, [2] ø 1956 - Sony (+ n° 30 et 31)
Durées : I. 7'14 - II. 15'17

« Les années 50 sont fort riches, car en 1956 nous arrive une nouvelle comète, un pas-comme-les-autres, qui repense la sonate : Glenn Gould. Aucune version de haut calibre ne peut diviser davantage les auditeurs. La sonate démarre grave et concentrée avant de filer au grand galop jusqu'à la fin du premier mouvement. Glenn Gould pique et pointe les notes détachées, semble frapper entre eux les accords, battre on ne sait quel défi. Impatience et rage surprennent, les rythmes exacerbés, les traits brillants, provocateurs choisissent la démesure. L'Arietta se balance, danse d'abord hésitante, bientôt sûre d'elle-même. Volontaire et volubile, elle se permet d'imperceptible pauses pour reprendre son élan. Tant d'audace peut choquer ou enthousiasmer. Mais quand les trilles s'affirment, péremptoires, pour mieux s'adoucir, quand le chant s'exalte sans la moindre emphase dans la jubilation de sa découverte, quand la vie retrouve sa simplicité, Gould devient presque consensuel.» (C. Huss, Répertoire n° 135, mai 2000)

« L'erreur de Glenn Gould aura peut-être été une certaine 32e Sonate de Beethoven à laquelle il a fait dire bien des choses qui n'y sont sûrement pas, l'exécutant en je ne sais combien de minutes de moins que les autres, menant le premier mouvement tambour battant. Glenn Gould, paix à ses cendres, et avec toute l'admiration sincère qu'il inspire par ailleurs, semble avoir ignoré que cette oeuvre signale le dernier conflit avant la libération : conflit qui ne s'exprime pas forcément à la vitesse du diable, libération qui reste intemporelle et symbolique.

On sait que Beethoven, à la fin de sa vie, lisait plusieurs textes sur les doctrines orientales, il a voulu exprimer à sa façon le nirvãna. Je ne sonnais pas une autre manifestation tangible de cette sorte de paix totale que l'Arietta de la 32e Sonate : tout est accompli. » (Aldo Ciccolini, Musique et vérité, ed. du Félin, 1998. p. 81)

Gould, [3] ø Concert radio Toronto, 1 janvier 1959 - CBC (Radio)

Gould, [4] ø Concert radio 4 décembre 1966 - CBC (Radio)

Gould, [5] ø Concert radio 31 août 1969 - CBC (Radio)

Gulda [1] ø 8-12 septembre 1958 (+ 14, 15, 17, 21 à 24) - Decca 443 012-2 [ECS 723 - LP]
9/8 Rép. n° 68 / 3Y Diap. n° 404 

« En 1958, apparaît un autre autrichien [après Brendel Vox, 1957]. Friedrich Gulda incarne l'intellectualisme que l'on attribue aujoud'hui à Brendel. La richesse sonore est suprême, la concentration immence : Gulda va droit au but. Variété de touche et continuité logique du discours frappent. Les développements s'interpellent entre eux, la puissance est immence, le sens dramatique des quatre dernières minutes, avec des basses grondant sous le chant, est sidérant. » (C. Huss, Répertoire n° 136, juin 2000)

F. Gulda a tout juste 28 ans.

Gulda [2], ø Concert Salzbourg 29 juillet 1964 - Orfeo C 591 021 B
Durées : I. 7'06 - II. 16'52 = 24'05
5Y Diap. n° 499

Gulda [3], ø Concert 1966 - Preiser

Gulda [4], ø Autriche, Studio Klagenfurt, 1967 - Amadeo 435 912-2 / Philips (intégrale) / DG 465 713-2 (12 CD) /
PHCP-3123 / PHCP-9754 [AVR 1101 / ASY 906434 / Orpheus OR B 116-126 / Metronome Classics 201.842 (+ op. 110) - LP]
Durée : I. 8'31 - II. 15'28 = 24'00
Son : Franz Plott
2Y Diap. n° 277

Gulda [5], ø 1984 - Philips 412 114-2

Jean Gallois, en 1986 écrit à la faveur de la sortie de l'intégrale Amadéo :

« [...] dans les cinq grandes Dernières Sonates, presque désincarnées et prises dans un tempo trop rapide, hésitant entre la fresque et la miniature, Gulda nous laisse quand même un regret, sinon un goût de cendre aux lèvres : à cet égard, son opus 111 récemment enregistré et couplé avec sa propre Wintermeditation [...] montre assez quel chemin le pianiste a fait, en vingt ans, pour parvenir au coeur du mystère de Beethoven. » (J. Gallois, Compact n° 16 p. 36)

« En 1984 [Gulda] joue d'un Bösendorfer véritablement hallucinant intraitable jusqu'à l'insoutenable, d'une fatalité absolue. La force n'est jamais suscitée ; tout se joue sur l'inéluctabilité. C'est un itinéraire de passion, de crucifixion, une sorte de 'Barenboïm-DG en hivers, avec des arbres brisés par le gel'. Chaque note s'arrache du clavier et l'auditeur reste pantois, pétrifié. 'Beethoven ça ne se joue pas, ça se réinvente' , disait l'autre... [Anton Rubinstein] En voilà la preuve. (C. Huss, Répertoire n° 136 - juin 2000)

Voyez la discographie complète de Friedrich Gulda.

Youra Guller, ø 1973 (+ 31e) - Erato [STU 70 797 - LP]
8/9 Rép. n° 81 / 5Y Diap. n° 417 p. 66 & 183 / Choc du Monde n° 189

(Georgette dit) Youra Guller (1895-1981) enregistre ces sonates à 78 ans.

H

Haskil, ø Concert 1953 - Stradivarius STR 13602

Heidsieck [1], ø 1973 (intégrale) - Emi 4 83427 2
Durée : 25'48
Rép. n° 136

« Eric Heidsieck [...] a enregistré en 1973 une version franche, droite, un peu sèche, mais aussi un peu « image d'Epinal », avec des ralentis et des soulignements justes là où les attend. C'est très pragmatique : l'Arietta se veut « ressentie », avec tout ce qu'il faut là où il faut, mais l'introduction forme un hiatus avec les variations, beaucoup plus simples et fluides. Le piano détimbre dans les aigus et la fin du « boogie woogie » n'est pas entousisme. Malgré cela, les passages sur le haut du registre ont une belle texture. » (Ch. Huss, Répertoire n° 136 p. 22)

Heidsieck [2], ø 2000 (+ Sonates n° 30 & 31) - Pianovox PIA 537-2
9 Rép. n° 145 / 4Y Diap. n° 480 / 4 Classica n° 32

« Pour aller très vite, disons que l'interprétation de ces « ultima verba » pianistiques est généralement très marqué par une tradition d'origine allemande fondée sur un approfondissement « métaphysique » du texte. L'aspect narratif, émotif, affectif passe donc au second plan. [...] L'omission d'une mesure à la reprise du premier mouvement de l'opus 111 est-elle volontaire ? » (Jacques Bonnaure, Répertoire n° 145)

« [Eric] Heidsieck montre un entousiasme évident, un grand plaisir à jouer, à communiquer ; cette prodigalité aussi humble qu'authentique emporte immédiatement l'adhésion. D'où vient alors cette relative insatisfaction émotionnelle que l'on ne peut réprimer une fois achevée l'Arietta de l'Opus 111 ? Sans doute d'un discours par trop prévisible, qui semble ne s'étonner de rien, qui tend à applanir chaque tension, chaque débordement expressif, au profit d'un plaisir sonore plus instantané. » (Jérome Bastianelli, Diapason n° 480)

Heisser, ø 1999 (+ Variations Diabelli, Bagatelles...) - Auvidis

Hobson, ø 1992/96 ? - Zephyr  97 (intégrale)

Horszowski, ø 1949/51 ? - Relief CR 911024 (coffret 4 cd)
9/4-6 Rép. n° 45

Horszowski, ø Concert Prades, 1954 (+ Bach, Mozart, Brahms) - Lyrinx 119/120

Houstoun, ø 1995-97 - Morrison Music Trust (intégrale)

Hungerford, ø 1967 - Vanguard (intégrale 1968-74)

J

Jando, ø 1988 - Naxos (intégrale)

K

Katchen, ø 55-69 ? - Decca 466 714-2 (+ Appassionata, Diabelli..., Mozart) / SAD 22036

Kempf, Freddy ø 2000 (+ Sonates n° 30 & 31) - Bis CD-1120
8Rép. n° 149

A lire :http://inkpot.com/classical/beethson_kempf.html

Kempff [1], ø 1936 -  

Kempff [2], ø [mono] 1954 - DG "Dokumente" 447 966-2 (intégrale I)
10 Rép. 

Kempff [3], ø janvier 1964 - DG 429 306-2 (intégrale II)
Durées : I. 6'16 - II. 15'22
10/7 Rép. n° 32 et  dernières sonates : 8/6 Rép. n° 102

Kim, Yuri, ø 1997 (+ Sonate n° 17) - WT

Klansky, ø ? - ?

Kocsis ø Concert Bellinzona 1998 - ?

A ma connaissance existe seulement en vidéo.

Komen, ø 1993 - Globe GLO 5106

Korstick, ø juillet 1997 - Ars Musici AM 1227-2 (+ n° 30 & 31)

« Von Anfang an galt Beethovens komplexem Spätwerk das besondere Augenmerk dieses überaus ernsthaften und streitbaren Klavier Intellektuellen, der trotz perfekter Technik alles Virtuos-Zirzenische und Glamouröse verabscheut und in jeder Musik nach dem tieferen Sinn sucht, den "Botschaften". Seine Debüt-CD mit den drei letzten Sonaten Beethovens löst diesen "altmodischen" Anspruch überzeugend ein: Selten hat man diese hochsensiblen, lyrisch-introvertierten "Abschiedsgesänge" so penibel notengetreu, so streng ausgehört und doch so klug rhetorisch durchgeformt erleben können wie in Korsticks radikal objektivistischen un gelegentlich schon abweisend reservierten Deutungen. Solche Musiker sind aber die Rettung für den maroden Musikbetrieb. » (A. Csampai, Stereoplay - novembre 1998)

Un article en allemand de Attila Csampai.

Kovacevich [1], ø 1973 - Philips

Kovacevich [2], ø 1992 - Emi

« Ces deux gravures (proches, bien que distantes de vingt ans) sont proprement phénoménales... et, en fait, très difficiles à critiquer, tant elles respirent l'évidence. Chez Philips le piano est simple, pur, manquant juste un peu d'assise grave. Chez Emi, il est plus dur avec un léger effet de halo. Mais on se fait à l'un et à l'autre, car on est vite happé par ce mélange quasi unique d'élégance et de puissance, qui fait parfois naître des résonnances de pianoforte. [...] Dans l'enregistrement Emi, les élans puis les irisations du discours prennent peut-être un tour encore plus humain, plus personnel qu'en 1973, où Kovacevich développe un discours universel. » (C. Huss, Répertoire n° 136, juin 2000)

Kuerti [1], ø 1975 - Odyssey [Y 34646-34649 / Aquitaine Records - LP] (intégrale)

Kuerti [2], ø 1995 - Analekta 24010  (intégrale)

L

Lefébure, ø 1977 - Soltice

Leimer, ø ? - Emi [1C 053-28900 (+ Sonate n° 2 opus 35, Chopin) - LP]

Kurt Leimer (1922-1974) est le neveu du professeur de Walter Gieseking, Karl Leimer (1858-1944), directeur du conservatoire de Hannovre dans les années 1910. Il existe un concours de piano Kurt Leimer en Autriche.

Levinas, ø 1985 - ?

Levy, Ernst ø ? - Marston

Lill, John, ø c. 1970 - Brillant Classics / ASV "Quicksilva"  QS 6055 à 6054 (10 CD)

M

Michelangeli [1], ø [mono] Concert Londres, Royal Festival hall 14 mai 1961 - AS Disc AS 330 / Memories HR 4369
9/3 Rép. n° 24 (+3e) / 3Y Diap. n° 376

« Quel sens du suspense et de l'autorité ! Une force qui nous mène vers l'avant et les répits sont intégrés dans le mouvement, jamais sentimentaux mais toujours dramatiquement pertinents et habités. Le fugato à 5''20 de I, héritier de Bach, est hallucinant de génie. Et l'Arietta, simple et profonde comme une prière, est fidèle à cet allant, cette matière de se propulser vers l'ailleurs. » (C. Huss, Répertoire n° 136, juin 2000)

Michelangeli [2], ø [studio] Londres, 4 mars 1965 - Decca "Ovation" 417 772-2 (p 1988) [591 297 (p 1984) - LP]]
Durées : I. 9'23 - II. 17'14 = 26'37
9 Rép. n° 10 / 3Y Diap. n° 284, 290, 317

« C'est la douceur dans la détermination, la force dans la douceur. Les contrastes du premier mouvement existent à l'intérieur des phrases, dans une trajectoire fascinante. Le calme et la fureur, le détachement de la gravité, la clarté et la profondeur, l'urgence et le temps ouvrent sur l'infini où naît l'Arietta. Son chant s'élève dans une spiritualité évidente dès les premières notes, le legato miraculeux renouvelle l'espérance, la sonorité illumine la charité. Dans le mystère de sa simplicité, cette interprétation rayonne d'amour. » (C. Huss, Répertoire n° 136, juin 2000)

« Là, osera-t-on dire, Michelangeli montre ses limites. Il lui arrivera de peser, d'appuyer, de chercher l'effet de son ou de vigueur, d'être laborieux même : et toujours Beethoven l'excédera en vigueur, en autorité, en liberté. [...] La lecture de Michelangeli est faite de somptueux et véridiques détails, qui ne construisent en rien le grand arc de la continuité, implacable, ou de l'énergie, intense. Ainsi les effets, si bien pesés pourtant, en artiste, retombent, et sont lourds. Même la virtuosité (musicale et digitale) des variations finales de l'ariette ne trouverons pas Michelangeli conduisant, mais conduit, laissant le temps (et le « temps mort ») s'intaller, et avoir raison contre Beethoven. » (André Tubeuf, Diapason n° 290 p. 83 - janvier 1984)

Michelangeli [3], ø Concert Bregenz, 15 janvier 1988 (+ Chopin & Liszt Concerto n° 1) - Aura (ex Ermitage)

Michelangeli [4], ø Concert Londres, 10 mai 1990 (+ Chopin) - Aura 223-2 (ex Ermitage)

N

Nat ø 17 février 1954 - Emi  CZS 762901 2 (intégrale - coffret 8 CD)
Durées : I. 6'20 - II. 14'02
10 Rép. 

« Nat en 1954 donne un grand coup de point dans la discographie, avec une sublimation de la tentative fulgurante de Backhaus. Il réussit tout ce que manquera Nikolieva et tout ce que Södergren voudra démontrer (assise de la main gauche, tension des climax). Evidement Pollini est un pianiste plus marmoréen plus fiable, mais quelle différence dans le vie de la musique : écoutez la fin de I... L'auditeur est littéralement aspiré vers quelque chose. C'est d'un naturel hallucinant d'une évidence limpide. On touche au coeur de tout : de la musique, de l'humilité la plus absolue, du génie le plus confondant. L'Arietta, c'est l'anti ce-que-l'on-pense-au-jourd'hui de l'Opus 111 : pas d'évanescence, mais un tourbillon, qui n'empêche pas le jeu sur la texture (cf. 8'42 et suivante). C'est violent et sublime, tant sont générés et suggérés grondements et rafales... » (C. Huss, Répertoire n° 135, mai 2000)

Ney [1], 1936 - History 20.31712-306 / Biddulph (+ Sonates 4 et 8 extrait : adagio seul, variations «Nel cor piu non mi sento» de Paisiello de 1795)
Durées : I. 9'44 - II. 19'13
6/3 Rép. n° 88 

« Elle nous livre une interprétation romantique, aux respirations habitées. La pédale lie souvent les basses au détriment des silences. La main gauche n'est pas toujours claire, mais sonne magnifiquement. Elly Ney, crée des moments de suspense qui sont autant d'attentes curieuses d'une réponse jamais décevante. On prête l'oreille aux confidences de l'Arietta, d'une expressivité d'abord retenue, puis bousculée. La vieille prise de son est-elle responsable des notes avalées ? Ce n'est pas sûr et elle nous manquent... De plus certains ralentissements paraissent exagérés. A ranger avec Kempff, bien derrière Schnabel et Backhaus.» (C. Huss, Répertoire n° 135, mai 2000)

«La sonorité étouffée, son manque de relief nuisent à la dramaturgie. L'introduction manque de force, l'impétuosité du premier mouvement ne s'impose d'aucune manière. La tranquilité de l'Arietta semble ensuite inaltérable. Peu à peu cependant, quand le rythme se resserre, quand les bruissement des trilles envahissent l'espace et reposent sur des accords d'une clarté lumineuse, la volonté de confiance nous gagne tel une épure.» Claude Helleu, Répertoire n° 88, février 1996, p. 25)

Ney [2], ø 1952  - Bayer (+ Sonates 21 et 27)
4Y Diap. n° 398

«Elly Ney gravera une seconde fois cette oeuvre en 1952 (CD Bayer) avec moins de bonheur [que sa version de 1936] : romantisme chargé, lenteur et gravité, variations de tempo, jeu brouillé, notes escamotées et accrochées. L'Arietta traîne une intensité aux accents pesant, à l'expression incongrue. On oublie.» (C. Huss, Répertoire n° 135, mai 2000)

 «Qui se souvient de l'Allemande Ally Ney (1882-1968), qui eut son heure de gloire sous le troisième Reich, mais dont les disque sont devenue bien rares. [...] On y découvre une sonorité immence et sombre, un toucher constamment fouillé, et une conception grandiloquente de Beethoven qui ne correspond plus vraiement aux cannon actuels mais n'a rien de ridicule. Simplement, la propension de la pianiste à grossir le détail (tout l'Opus 90 est un monument de maniérisme) ou à forcer le trait (Maestoso de l'Opus 111) donne une sensation tantôt de petitesse, tantôt d'amphase. La faute en incombe également à une certaine retenue des tempos qui rend certains passages trop statique ou pesants (Variations IV de l'Opus 111, Rondo de l'Opus 53),  probablement du à une prudence excessive qu'on ne trouve pas dans les enregistrement effectués par la pianiste quand elle étati plus jeune.» (Etienne Moreau, Diapason n° 398, novembre 1993, p. 114 sq)

Nikolaieva, ø Concert 1983 - Olympia

Novaes, ø 1966 (+ Sonates n° 14 et 26) - Vanguard 
9/7 Rép. n° 67 / Diap. d'or n° 402

«La soi-disante mythique Giomar Novaes, en 1966, tient son rang d'excellente pianiste (mais on est loin des risques pris par Lefébure et Yudina). Malgré des aigus résonnants, c'est merveilleux de présence et de rayonnement, avec un rien d'inertie dans les fins de phrases à la mains droite, brouillonnant mais démonstrastif. L'Arietta pâtit d'un manque de proximité : on admire, mais on n'adhère pas. Curieusement, ce mouvement manque de cohésion interne (abus de montages ?) et apparaît comme une suite de moments, d'esquisse musicales. On admire ponctuellement (les sonorités irisées à 9'31 de II) mais à chaque fois quelques chose vient perturber 'l'ordre des choses'» (C. Huss, Répertoire n° 136, juin 2000)

«Une interprête ? Non, une inspirée ! L'Opus 111 pourrait lui être étrangère, mais la détermination véhémente avec laquelle elle prend d'assaut son 'Appassionnato' montre la maîtrise : et l'exfoliation lente, pensée, souveraine des variations de l'Ariette (14'55), dans une plénitude sonore toujours inouïe, et avec des flasches de vitalité d'une invention quasi créatrive, nous mettent à un somment discographique radieux.» (André Tubeuf, Diapason n° 402 mars 1994, p. 114)

O

O'Conor, ø 1990 - Telarc CD-80 261 (+ Sonates n° 30 & 31) / (intégrale - coffret 9 CD)
2Y Diap. n° 374

« Le tempérament de O'Conor semble trop paisible, trop conciliateur pour faire pleinement seins les cataclysmes intérieurs que déchaîne le Beethoven ultime. [...] Pas d'arrachement dans le questionnement initial du Maestoso, qui est pourtant fondamental ; et quand le piano redevient un peu plus agressif et massif (Allegro con brio), rien de véritablement violent (les ruptures sont toujours ménagées) ne vient bousculer un cheminement facilement prévisible. Dilution aussi dans l'Arietta) laquelle manquent le temps de l'écoute, l'austérité et le souffle. [...] On est forcé de reconnaître qu'O'Conor réussit mieux chez Mozart et qu'en l'occurence, ici lui fait défaut la rigueur structurelle et le sens dramatique, vertues hautement beethoveniennes [...]. » (E. Bourgogne, Diapason n° 374 p. 126 - septembre 1991)

Oeland, ø c. 2000 ? - TIM Company 6885713 (Intégrale)

P

Pelletier, ø 1994 (+ Sonates n° 30 & 31) - Isba

Perl, Alfredo, ø 1995 - Arte Nova (intégrale + Diabelli - coffret 10 CD)

Petri [1], ø 1936 Appian (APR) 
9/4 Rép. n° 67

Egon Petri (1881-1962) fut élève de Teresa Carreño et surtout de Busoni, dont il fut le collaborateur et l'ami.

«La grande surprise, outre la sauvagerie de la version Backhaus, c'est Egon Petri. Son enregistrement de 1936, réédité par Appian nous présente un premier volet plein de suspens et concentré, bien mieux tenu que celui de Schnabel. L'abord de l'Arietta est magnifique, d'un toucher splendide, mais plus impatient que Schnabel. Petri possède moins le sens de la croissance organique du volume sonore que Schnabel et son jeu révèle moins de bouillonnements intérieurs que Kovacevich, plus tard. Mais cette version directe, attachante, est historiquement importante, statut qui ne lui est que rarement reconnu. Ceci posé, la gravure de Backhaus est évidement plus personnel.» (C. Huss, Répertoire n° 135, mai 2000)

 «Comme Schnabel, Petri fut un grand beethovenien et donna dès sa jeunesse des cycles complets des sonates. Son style est pourtant différent. Là où Schnabel ou Backhaus se montrent soucieux d'une sourcilleuse et frémissante objectivité, Petri sera plus sobre, concentré à l'extrême mais d'une très grande pureté. A l'époque, on put trouver ce style froid. Pour l'auditeur d'aujourd'hui, il apparaît au contraire très moderne, dépouillé de toute attitude post-romantique, [...] Son Opus 111 et ses Variation Haendel, merveilleuse par la souplesse et par l'art du contraste et de la transition, doivent être considérés comme des sommets absolus d'intelligence pianistique.» (Jacques Bonnaure, Répertoire n° 67, mars 1994 p. 89)

Petri [2], ø Concert juillet 1954 - Pearl 0149 (+ 26, 30, 31e Sonates) / Music & Arts

Un article en anglais de Jed Distler.

Pletnev, ø Concert 2000 (+ Chopin, Bach/Busoni...) - DG

Pludermacher,[1], ø 1985 (+ Variations Diabelli) - Lyrinx

Pludermacher, [2], ø 1999 -

Pogorelich, ø 1982 - DG [2532 036 - LP + Schumann]
Durée : 29'26
4Y Diap. n° 271

« [...] Nous tenons là, vraiment, une grande version, extrémiste dès l'attaque. La netteté casse les silences, détache les phrases. Force et inquiétude se conjuguent dans le premier mouvement, magnifiquement déterminé, étonnamment pulsé. L'Arietta commence tel un rêve, en apesanteur. Peu à peu, lentement la métrique s'en précise, envoûtante, l'engrenage évolue dans une douceur imperturbable. Les rythmes se resserrent sans hâte, et leur déchaînement soudain garde une certaine réserve, surprenante chez un interprète aussi audacieux. L'égalité de la mesure laisse place à une sonorité de plus en plus expressive, où les trilles renouvellent leurs reflets dans une clarté calme, triste et confiante. La sobriété de ce rayonnement relève d'une maturité étonnante quand on pense à la jeunesse de Pogorelich à l'époque...» (C. Huss, Répertoire n° 136 - juin 2000)

Il est dans sa 24ème année. Mais il faut noter que Barenboïn à le même âge lorsqu'il enregistre chez Emi et Brendel en a 26 en 1957...

« Quelques soient ses dons de virtuose et son instinct de musicien, on ne peut évidemment attendre d'Ivo Pogorelich la maturité d'un Schnabel ou d'un Pollini dans Beethoven. Il a pour lui l'élan de la jeunesse, qui lui est favorable dans le Mestoso, et la qualité poétique de la sonorité, qui émeut au début de l'Arietta et éclaire le paysage irréel des dernières variations, mais dans les moments où le virtuose devrait céder la place à l'architecte, l'intérêt faiblit. » (Jean Roy, Diapason n° 271 - avril 1982)

Pollini, ø 1975 - DG (+ Sonates 28 à 31)
Durées : I . 8'42 - II. 17'18
7/9 Rép. n° 101 / Référence de Compact n° 14

«[...] un décevant Pollini, à l'autorité étouffante : l'auditeur est agrippé et ligoté. Par rapport au Pollini actuel, au concert, qui a réussit la symbiose de tous les éléments, cette lecture de 197[5] apparaît assez univoque dans une certaine raideur (cf. 6'50-7'35 de I) : les répits (des parenthèses) sont glaciaux. Tout cela est implacable, parfait, millimétré, mais pas humain. Le fossé entre Pollini et des versions de type Michelangeli ou Solomon, la destinée humaine au bout des doigts, se creuse dès le début de II. Il manque une expérience humaine au titan et pas mal d'air autour des notes...» (C. Huss, Répertoire n° 136, juin 2000)

Pommier, ø 1997 - Erato 3984-23 422-2 (+ Sonates 28 à 31, intégrale vol. 4)
5Y Diap. n° 454

« Les Opus 109 et 110 relèvent du même travail bien fait, possédant ces même caractéristiques de découpe, d'allure, de ton juste qui permettraient à ceux qui ne le connaîtraient pas d'apprendre ici leur Beethoven. Mais comme le montre l'Opus 111, ce loyalisme qui présente la particularité de ne jamais chercher à en dire plus que ce qui est consigné sur la partition, suscite la méditation mais ne provoque pas vraiment de mirage. » (Etienne Moreau, Diapason n° 454 p. 46 - décembre 1998)

Pröll, ø ? - Palophone

R

Rangell, ø mars 1991 - Dorian DOR-90158 (+ Sonates n° 30 & 31) / (intégrale)
Durées : I. 8'11 - II. 17'50

Raymond, ø 1993 - CBC Records MVCD 1100
Durée : 31'22

Richter [1], ø [mono] Concert Leipzig, 28 novembre 1963 - M&A CD-1025

Richter, [2] ø Concert Tokyo, 1 juin 1974 (+ Sonates 28 30 & 31) - Doremi "Sviatoslav Richter Archives, vol. 1" DHR 7718

A lire : www.classical.net/music/recs/reviews/d/drm07718a.html

Richter [3], ø Concert Moscou, 12 janvier 1975 - M&A CD-910

«A Moscou, Richter rentre dans la Sonate [opus 111] avec une audace stupéfiante... et une superbe fausse note tenue dans la pédale. Inconvénient du concert. Mais le maestoso est à couper le souffle. Tout ce qui interpelle dans l'allegro con brio ed appassionato est ici démultiplié. C'est somptueux, apocalyptique, visionnaire. L'Arietta commence dans une neutralité tranquille et s'avance d'un pas ferme vers ses étapes plus significative. Un détermination farouche accompagne la progression rapide du mouvement. Main gauche haletante et main droite autoritaire se rejoignent à chaque extrémité du clavier, puis les trilles accompagnent un au revoir qui se conclue avec une totale simplicité, presque froide. C'est cette vision qui s'impose dans la discographie de Richter, mais qu'on trouve encore plus parfaite pianistiquement et encore plus exalté (un premier mouvement explosif) dans le récital de Leipzig en 1963, édité dans une excellente monophonie. Ce concert se détache assez nettement par son engagement viscéral et la concentration, la force d'une vision à part.» (C. Huss, Répertoire n° 136, juin 2000)

 «Je suis pourtant certain d'avoir parfois joué cette sonate presque bien. Or, de tous les enregistrement qui ont été réalisés, il n'en est pas un seul qui soit bon. C'est presque toujours comme cela avec les enregistrements et cela me déçoit beaucoup.»  (S. Richter, note datée du 29 janvier 1983. Carnets, in écrits et conversations, 1998 p. 322)

Richter [4], ø 17 octobre 1991 - Philips « Richter Edition I » 438 486-2 / 454 166-2 / 454 171-2 / 456 949-2
Durées : I . 8'45 - II. 16'29

Voir versions de 1963 et 1975. Imprécisions sur la fin de l'Allegro con brio, des notes qui accrochent par ci par là dans l'Arietta, et, hélas, dans les trois magiques dernières mesures.

«Dans la dernière Sonate, on pourra déplorer, dans le premier mouvement une certaine brutalité ; le second, très intériorisé et fort lent, finit par manquer de naturel. Au total, des qualités mitigées, une pensée puissante, une vision intelligente à laquelle manquent les nuances.» (Jacques Bonnaure, Répertoire n° 58, mai 1993, p. 29)

Richter, ø Rellingen, 25 octobre 1991 - Live Classics LCL 491 CBC Records MVCD 1100
Durée : 31'22

Riefling, ø ? - Simax

Roberts, ø 1985 - Nimbus NI 5050 - 5059 (intégrale - coffret 9 CD)

Rodrigez, ø ? - Sty

Rose, ø 2002 ? - Monarch- 20012

Rosen [1], ø 1969 - Sony SB2K 53531 [CBS 66173 (p 1970) - LP]

Un article en anglais sur Gramophone.

Rosen [2], ø 1997 ? - Music Masters 67183-2 (+ opus 106)

Un article en anglais sur Gramophone.

Rosenberger, ø 1987 - Delos

S

Savage, ø 1995 - Tall Poppies TP 076 (+ op. 109 & 110)

Schnabel [1], ø mars 1932 - Emi (+ Sonates 28 à 32, Bagatelles op. 126 et Diabelli) / Pearl vol. 5 / History (p 2001) / Arkadia
Durées : I. 8'14 - II. 17'42
9/4 Rép. n° 79 / Diap. Historique n° 414

«On a l'habitude, lorsqu'on fait un panorama historique des Sonates de Beethoven, de dire coup d'essai, coup de maître en parlant d'Arthur Schnabel. [...] Cet enregistrement qui figurera dans la première intégrale des sonates en 1935, fait suite à des cycles de concerts à la fin des années vingt, cycle beethoveniens qui firent beaucoup pour la notoriété de Schnabel, mais aussi pour celle des sonates. Assurément, le meilleurs de Schnabel est dans l'Arietta. Le 1er mouvement (est-ce pour dépeindre les troubles qui agitent Beethoven ?) est rempli de foucade, de climax qui arrivent avant terme dans une sorte de tumulte. Ce démiurgisme un peu décousu est en deçà de la concentration obtenue par Nat dans un parti pris similaire. Le 'grand coup' de Schnabel c'est donc l'arche qui tend l'Arietta et surtout le début, l'adagio molto, d'une concentration étonnante, magnifique de pudeur et de grandeur à la fois. Là cet enregistrement est immense, même si Solomon, vingt ans plus tard réalisera l'exploit de faire au moins aussi bien.» (C. Huss, Répertoire n° 135, mai 2000)

Schnabel [2], ø 1942 - RCA

Le coffret « Grands Pianistes XXe s. » contient cet enregistrement et aussi : Beethoven : Sonates n° 21, 30 et 32, Variations Diabelli, Concerto pour piano n° 4 et se trouve chroniqué dans Répertoire n° 122 et Diap d'or n° 457.

«La primeur donné à l'enregistrement de 1932 est assez incompréhensible, car 1942 le surpasse sans conteste, même si la démarche interprétative est strictement identique : le piano est plus beau, la prise de son plus claire et stable, l'entrée du 2e mouvement tout aussi belle, la fin encore plus éthérée... Reste le 1er mouvement toujours bousculé (un peu moins quand même) et pas aussi concentré que d'autres. Sans aucun doute, c'est là un très grand disque historique.» (C. Huss, Répertoire n° 135, mai 2000)

Schnurr, ø 1995 - Meister Music "The art of Schnurr vol. VI" MM-1012 (+ opus 109 & 110)
Durées : I. 9'05 - II. 16'32

Sherman, ø Weston (Massachusetts), Campion Center, décembre 1993 - GM Recordings GM 2050 (+ Sonates 1, 9, 16, 21 & 30) / GM 5001 (intégrale)
Durée : I. 9'08 - II. 18'17 = 27'29

Shtarkman, ø 1995 - Divox

Serkin [1], ø mars 1967 - Sony
9/6 Rép. n° 73 / Diap d'or n° 408 / 4f Télérama n° 2340

«Les enregistrements de ces neuf sonates [n° 1 ø  1970, 6 ø 1970, 12 ø 1970, 13 ø 1980, 16 ø 1970, 21 ø 1975, 30 ø 1976, 31 ø 1960 et 32] sont tous des inédits que Serkin, par scrupule, avait refusé de publier (mais l'autorisation posthume en a été donnée par son fils Peter).» (Jacques Bonnaure, Répertoire n° 73, octobre 1994 p. 25)

«Rudolf Serkin fut un éminant beethovenien. Sa rare et méconnu - gravure Sony de mars 1967 est très classique. Ce terme a un sens laudatif (de la hauteur et de la majesté) mais aussi restrictif (une certaine austérité, un manque de magie dans les changements d'atmosphères, par exemple dans la dernière pirouette qui achève I). [...] C'est absolument admirable, mais assez peu émouvant.» (C. Huss, Répertoire n° 136, juin 2000)

« [...] Se refusant tout effet, nous mettent à des profondeurs de sentiments et de visions inouïes, avec une simplicité telle que certains pourront n'y voir... rien. Rien en effet. Seulement Beethoven. (André Tubeuf, Diapason n° 408)

Serkin [2], ø Concert Vienne octobre 1987 (+ 30 et 31) - DG
9/10 Rép. n° 17 / Référence de Compact n° 45

« Avec la Sonate n° 32 nous retrouvons le poête de l'interrogation intérieure, du mystère. Il semble d'abord errer, apparemment sans but : c'est pour mieux assurer sa démarche futur. Alors s'élèvent le second thème, décidé, volontaire, mais sans excès, puis le développement, d'une parfaite lisibilité, d'une discrétion totale, d'un modelé suprême et toujours d'un goût parfait. Et lorsque débute l'Arietta, dans  des sonorités semblants venir des confins de la terre et du ciel, nous ressentons comme un frisson : c'est l'adieu que Beethoven adresse alors à la sonate [...] » (Jean Gallois, Compact n° 45 septembre 1989 p. 28)

« Les Bravos qui saluèrent à parution le triste concert de 1987 apparaissent totalement incompréhensibles. C'est vraiment le combat de trop et même avec les oreilles du coeur on ne peut que constater que les doigts ne suivent plus tout à fait la pensée. Toutes les transitions sont manquées, les accords sont mous : c'est pathétique. Retour à Sony [1967]. » (C. Huss, Répertoire n° 136 - juin 2000)

Silverman, ø 2000 - Orpheum Masters KSP 830/839 (inégrale)

Smith, ø 1998 - Appian APR 5566 (+ Waldstein & Appassionata)
9 Rép. n° 144

« Comme auparavant rien n'est spectaculaire, mais tout est emprisonné dans une main de fer. L'âge aidant, les foucades dynamiques de I ne sont pas véritablement là, mais, à nouveau, ce déroulement musical lapidaire, dans une simplicité apparente, est fascinante. Dans l'Arietta, [Ronald] Smith sait retrouver la subtilité tactile du mouvement lent de l'«Appassionata» et nous bouleverse en une fraction de seconde par un toucher, un équilibre, la mise en valeur d'un rythme. » (Ch. Huss, Répertoire n° 144)

Södergren, ø 1978 - Calliope CAL 6648 [CAL 1648 - LP]
Durée : I. 9'13 - II. 18'40
9/8 Rép. n° 22 / Diap. d'or n° 235 / Choc Monde / 3d Compact n° 50 (+ 30 - de 1989 - et 31)
Sur piano Bösendorfer

« Qui sait à ce point alléger sans lui ôter sa puissance l'Allegro con brio de l'opus 111 ? En vérité je vous le dis, les éloges qui ont plu dès leur parution sur les deux dernières sonates n'étaient pas imméritées.» (Jacques Bonnaure, Rép. n° 22)

« Pollinienne, mais un rien plus froide et surtout plus ostentatoire (et fatigante), Inger Södergren en 1978, pâti de micro posés sur les marteaux. Au fur et à mesure de l'évolution on commence à se lasser des coups de poings dans les tympans et ça vire (beaucoup plus que Pollini) à la démonstration de 'dyonisisme'. C'est une version résonnante (jeu sur la pédale), qui mise sur la mémoire du son. C'est la gravure la plus assise dans les graves que l'on puisse trouver : pour le coup c'est très impressionnant, mais c'est du grand pianisme plus que de la musique sublime.» (C. Huss, Répertoire n° 136, juin 2000)

« Elle aborde l'opus 111 avec une retenue dans la force qui pourra étonner, mais j'aime que ces accents soient plus musicaux que musculaires. La modération de son tempo [...] lui permet de traduire à la fois l'urgence d'un discours qui est un cri et une déchirure, mais aussi un acte de foi. [...] Dans l'Arietta, Inger Södergren adopte encore un tempo très retenu [...] et atteint ici une immobilisation impresionnante du tempo, on est dans un rêve éveillé. Son jeu est d'une telle transparence, d'une telle immatérialité, d'une telle pureté que l'on est ému jusqu'aux larmes. Et puis il y a une fragilité (on la sent faillible à chaque instant) qui ajoute encore à son interprétation. » (Alexandre Borie, Diapason n° 235 - janvier 1979)

Sofronitzki, ø Concert 3 février 1952 - Melodiya [M 10 45223 005 - LP]

Sokolov, ø 1988 - Melodiya 00595 [LP]

Solomon [1], ø 1948 - Emi / Testament SBT 1230 (+ Schubert) / Pearl GEM 0038 (+ 3e & Haydn, Scarlatti)
Rép. n° 141 & 156

Solomon (1902-1988) s'est formé en France au conservatoire de Paris auprès de Lazare Lévy. Sa carrière fut brisée en 1956 par une crise d'hémiplégie.

« On est en droit de préférer la gravure ultérieure, plus préméditée, au premier mouvement plus cohérent et au son plus marquant. Le second mouvement diffère substantiellement par une lenteur plus assise, moins axée sur le flux musical. C'est superbe, là où la version 195[1] est immence. » (Ch. Huss, Répertoire n° 141 p. 85 - décembre 2000)

Solomon [2], ø 16/24 mai 1951 - Emi CHS 7 64708-2 (p 1993 + sonates 27 à 31 - seul l'opus 90 est en stéréo) / Testament SBT 1188 (p 2000 + 1e & 3e sonates) [EMI F 669134-39M - LP]
Durées : I. - II. = 26'37
10/9 Rép. n° 59 / Diap. d'or n° 394 / Choc Monde

«Avec le microsillon monophonique nous arrivent un certains nombre de nouveaux enregistrements. Là aussi, c'est le premier d'entre eux qui atomise bon nombre de tentatives ultérieures. Car Solomon, en 1951, nous livre (chez HMV-Emi) l'une des grandissimes versions de cette oeuvres, de laquelle nous pourrions presque dire : « Qui n'a pas entendu cela ne sait pas ce que peut être l'Opus 111 ». Le caractère combatif prend possession du clavier et s'adoucit aussitôt. La faculté de s'émerveiller et la détermination transcendent ce que Beethoven a si bien compris ; la vie n'est que luttes et joie, il y faut de la rage et de la tendresse. Ainsi gagne-t-on son pain quotidien ; le meilleur est à qui le veut. L'Arietta nous offre le ciel et la terre, il suffit de regarder, ou d'écouter, cela revient au même. Les deux mains égales chantent la douceur des accords et le balancement du rythme, qui soudain, sauvage, nous martèle sa rébellion, avant de nous envoûter sur les trilles entre ciel et terre. La voluptueuse détente qui leur répond porte en elle sérénité et tension, deux éléments de cette vie qu'il suffit finalement d'accepter simplement. C'est immense.» (C. Huss, Répertoire n° 135 - mai 2000)

«Voyez le début des opus 106 et 111, comme toute cela paraît facile, allant de soi, et d'une superbe projection dramatique, sans en avoir l'air. [...] Les grandes méditation (Adagio de l'op. 106, variations des op. 109 et 111) sont évidemment des moments privilégiés parce que l'essentiel y est dit en toute simplicité, avec naturel, sans trop retenir le tempo, sans sécheresse non plus, malgré la parfaite clarté de la polyphonie [...].» (Jacques Bonnaure, Répertoire n° 59, juin 1993 p. 30)

«Ecoutez la 'Hammerklavier' ou l'Opus 111. Difficile d'imaginer une exécution plus dominée de partitions dont Solomon, avec une totale simplicité, parvient à dégager toutes les lignes de force ! Par son caractère apolinien, ce Beethoven possède la pureté de ligne du marbre mais ignore sa froideur. [...] L'Arietta et variation de l'Opus 111 : il y a beaucoup de grandeur dans le Beethoven de Solomon... beaucoup d'humanité et de tendresse aussi.» (Alain Cochard, Diapason n° 394, juin 1993, p. 102 sq) 

Steinberg, ø allemagne ? - Elysium (intégrale - coffret 9 CD) [LP]

Stancul, Jasminca, ø 1993 (+ cto. n° 5) - Discover

Swann, Jeffrey, ø 1998 (+ Sonates n° 25, 30 & 31) - Agora

Szasz, ø ? - Bainbridge

T

Taub, ø ? - Vox

U

Ugorski, ø 1991/92 ? DG - 435 881-2 (+ Bagatelles & Rondo op. 129)
Durée : 38'07
7/8 Rép. n° 53

Un article en anglais sur Gramophone.

V

Vogt, ø 1995 (+ Sonate n° 5) - Emi

W

Willems, ø ABC Classics 465 264-2 / 465 758-2 (intégrale)

Y

Yokoyama, ø ? - Sony (intégrale piano - coffret 12 CD)

Yudina ø 1958 Arlecchino

Maria Yudina (1899-1970) vers 1920 avait pour condisciples au conservatoire de Saint-Petersbourg : Sofronisky et Chostakovitch.

« Maria Yudina [...] impose en 1958 une version hallucinée tout aussi risquée [que G. Gould 1956]. C'est Nat, mais versant imprévisible : une vision lapidaire, qui prend également le partie d'avancer coûte que coûte dans l'Arietta. Une telle recréation mériterait une meilleur réédition et une diffusion plus large. » (C. Huss, Répertoire n° 136, juin 2000)

Z

Zechlin [1], ø 1968 - Berlin Classics [Eurodisc 80 262 - LP (intégrale) ]

« Didier Zechlin [...] séduit par une mobilité, une fougue exceptionnelle, un sens inné des transitions : c'est frans, direct, brillant. L'Arietta avance, mais dévoile vite une légère superficialité. Le défaut de cette excellente version est qu'elle reste pianistique, là où l'on espérait plus d'arrière-plan psychologique. La fin n'ouvre pas de perspectives : l'Arietta ne transforme donc pas les espoirs de l'immence premier mouvement. » (Ch. Huss, Répertoire n° 136 p. 23)

Zechlin [2], ø 1970 "Année Beethoven" - Parnass (VEB Deutsche Schallplatten - Berlin-Est) [92 860 (+ op. 13, 49/2, 27/2, 78, 53, 57, 26, 81a, 110, 79 & 90) - 4 LP]

 

N'a pas enregistré l'opus 111

Guilels

Remerciements

A Peter pour les nombreuses informations qu'il m'a fournies !



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